Deep End
← Intermediate stories

Short story

Chez Madame Lebrun

Unable to afford a flat in Bordeaux, Kenza moves in with a strict eighty-one-year-old widow who has a list of house rules.

Tap a dotted word for its meaning.

Words to know (12)
  • le loyer · rent
  • la garantie · guarantee, guarantor
  • la poignée de main · handshake
  • se lancer dans · to get oneself into, to embark on
  • l'horloge · clock
  • la grève · strike
  • renversé, renversée · overturned, knocked over
  • l'ampoule · light bulb
  • les secours · emergency services
  • le poids · burden; weight
  • le poignet · wrist
  • le compagnon · partner

Select any text to highlight it, or a word to translate it or save it to your flashcards.

Quand Kenza est arrivée à Bordeaux pour son premier emploi, elle a vite compris qu'elle ne trouverait jamais d'appartement. Les étaient trop chers, et les propriétaires demandaient des impossibles. Une collègue lui a parlé d'une association de logement intergénérationnel : une personne âgée offre une chambre presque gratuite à un jeune, et en échange, le jeune est présent le soir. Deux semaines plus tard, Kenza sonnait chez Madame Lebrun, quatre-vingt-un ans, dans une grande maison du quartier des Chartrons.

Madame Lebrun l'a accueillie avec une de main ferme et une feuille imprimée : les règles de la maison. Dîner à dix-neuf heures trente précises. Pas de chaussures dans le salon. Pas d'invités après vingt et une heures. Pas de musique « de ce genre-là ». Kenza a signé en se demandant dans quoi elle s'était

Les premières semaines ont été difficiles. Madame Lebrun trouvait que Kenza mettait trop de sel, qu'elle parlait trop vite, qu'elle rentrait trop tard. Kenza trouvait que Madame Lebrun critiquait tout et ne souriait jamais. Le soir, elles dînaient face à face, en silence, et on n'entendait que du salon. Un dimanche, au téléphone, Kenza a dit à sa sœur : « Je crois que je vais partir. Je préfère encore dormir dans ma voiture. »

Un mardi de novembre, Kenza est rentrée plus tard que d'habitude, à cause d'une des tramways. La maison était dans le noir. Elle a entendu une petite voix qui venait de la cuisine. Madame Lebrun était par terre, à côté d'une chaise Elle était tombée en voulant changer une et elle attendait là depuis deux heures, incapable de se relever.

Kenza a appelé les elle a mis une couverture sur la vieille dame et elle lui a tenu la main jusqu'à l'arrivée de l'ambulance. À l'hôpital, elle est restée toute la nuit. Vers trois heures du matin, Madame Lebrun a ouvert les yeux et elle a dit, très doucement : « Je vous dois des excuses. Je n'ai pas été très aimable. »

Elle lui a tout expliqué. C'était son fils, qui habitait au Canada, qui avait exigé qu'elle prenne quelqu'un chez elle. Elle avait accepté, mais elle avait honte. Elle avait peur d'être un peur d'avoir l'air d'une vieille femme qui ne peut plus vivre seule. « Alors j'ai écrit des règles. Vous savez, c'est plus facile d'être sévère que d'être timide. »

Madame Lebrun n'avait qu'un cassé. Quand elle est rentrée à la maison, quelque chose avait changé. Elles dînaient toujours à dix-neuf heures trente, mais elles parlaient. Madame Lebrun a appris à Kenza à jouer à la belote et à faire des cannelés. Kenza lui a appris à envoyer des messages vocaux à son fils. Elles ont même écouté ensemble de la musique « de ce genre-là ». Madame Lebrun a dit que ce n'était pas si mal, pour du bruit.

Kenza est restée trois ans. Quand elle est partie s'installer avec son Madame Lebrun lui a donné une enveloppe. Dedans, il y avait la feuille des règles, avec une seule ligne nouvelle, écrite à la main : « Déjeuner tous les dimanches à midi. Obligatoire. » Kenza n'en a jamais manqué un seul.

Comprehension check

0/4 answered

1. Why did Kenza choose intergenerational housing?

2. What did Kenza tell her sister after the first difficult weeks?

3. What had happened to Madame Lebrun that November evening?

4. Why had Madame Lebrun been so strict?