Short story
L'accent de France
A French teacher on exchange in Chicoutimi, Québec, finds that his pupils laugh at the way he speaks, until a winter accident changes everything.
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Words to know (12)
- le délégué de classe · class representative
- se moquer de · to make fun of
- la rédaction · essay, composition (at school)
- le fossé · ditch
- enfoncé · sunk, buried
- le réseau · (phone) signal, network
- ben voyons · well, would you look at that (informal)
- la pelle · shovel
- le char · car (Québec, informal)
- le banc de neige · snowbank (Québec)
- avoir de la misère · to have trouble, to struggle (Québec)
- brodé · embroidered
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Antoine avait trente ans et enseignait le français dans un collège de Rennes quand il a accepté un échange d'un an avec une école secondaire de Chicoutimi, au Québec. Il imaginait des forêts, des lacs, et des élèves charmants qui seraient ravis d'entendre parler le français de France. Les forêts et les lacs étaient bien là. Pour le reste, la réalité a été un peu différente.
Dès le premier cours, quand il a dit « Bonjour à tous, sortez vos cahiers », toute la classe a éclaté de rire. Un garçon au fond a imité son accent avec une précision cruelle. Les semaines suivantes n'ont pas été plus faciles. Ses élèves riaient quand il parlait du week-end ou quand il disait qu'il avait garé sa voiture au parking. « Ici, monsieur, on dit la fin de semaine et le stationnement », lui expliquait patiemment Léa, la de classe. « C'est vous qui parlez anglais, pas nous ! »
Antoine devait admettre qu'elle avait souvent raison. Le seul élève qui ne se jamais de lui était Maxime, un garçon timide du dernier rang. Maxime ne disait jamais un mot en classe, mais ses étaient magnifiques, les plus belles de toute la classe.
En janvier, un samedi, Antoine a voulu aller voir le fjord du Saguenay gelé. Sur une petite route de campagne, sa voiture a glissé et elle a fini dans un dans un mètre de neige. Il faisait moins trente degrés. Son téléphone n'avait pas de Il attendait depuis une heure, de plus en plus inquiet, quand un vieux pick-up rouge s'est arrêté.
Au volant, il y avait un homme avec une moustache épaisse, et à côté de lui, Maxime. « Ben c'est mon prof de français ! » a crié Maxime. C'était la première fois qu'Antoine l'entendait parler si fort. Son père a sorti une et une corde. « Votre est pris dans le de neige. On va vous sortir de là. » Antoine n'a compris qu'une phrase sur deux, mais il a compris l'essentiel : il était sauvé.
Ensuite, ils l'ont emmené chez eux pour le réchauffer. La mère de Maxime a servi une soupe aux pois et une tourtière. Toute la soirée, la famille lui a appris des mots : la poudrerie, la tuque, avoir de la Maxime parlait sans arrêt. Il expliquait que beaucoup de ces mots venaient des paysans de Normandie et de l'ouest de la France, arrivés au dix-septième siècle. « Votre vieux français, monsieur, c'est peut-être nous qui l'avons gardé ! »
Le lundi suivant, Antoine est entré en classe avec une nouvelle idée. Pendant tout le trimestre, les élèves ont préparé un grand dictionnaire illustré : d'un côté les mots du Québec, de l'autre ceux de France, avec leur histoire. C'est Maxime qui a présenté le projet devant toute l'école, sans trembler. Et quand Antoine est reparti en juin, ses élèves lui ont offert une tuque bleue, de quelques mots : « Pour le prof avec l'accent de France. On t'aime pareil. »
Comprehension check
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1. What did Léa point out to Antoine?
2. What was special about Maxime?
3. What happened to Antoine in January?
4. What did Maxime explain about Québec words?