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Short story

La sacoche du taxi jaune

A Dakar taxi driver finds a bag full of money under his passenger seat, and he is not the only one looking for its owner.

Tap a dotted word for its meaning.

Words to know (12)
  • la banquette arrière · back seat
  • la sacoche · (leather) bag, satchel
  • la liasse · bundle (of banknotes, papers)
  • se méfier de · to be wary of
  • démarrer · to start the engine, to drive off
  • cotiser · to contribute (money regularly)
  • un agent d'entretien · cleaner, maintenance worker
  • fondre en larmes · to burst into tears
  • traîner · to hang around
  • le tonton · uncle (familiar)
  • le tableau de bord · dashboard
  • rendre la monnaie · to give change

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Ousmane Diop conduit un taxi jaune et noir à Dakar depuis vingt-deux ans, et il pensait avoir tout vu : des mariées en retard, des touristes perdus, un mouton vivant sur la arrière la veille de la Tabaski. Mais ce mardi de juin, en nettoyant sa voiture à la station de la Corniche, il a trouvé sous le siège passager une de cuir qu'il n'avait jamais vue.

Il l'a ouverte, juste pour chercher un nom. Elle contenait des d'euros, plus d'argent qu'il n'en gagnerait en dix ans, et une enveloppe sur laquelle on avait écrit, d'une écriture appliquée : « Pour l'opération de Mariama, hôpital Fann ». Ousmane a refermé la très vite, comme si elle était brûlante. Il se souvenait du passager : un jeune homme dans un costume trop grand, pris à l'aéroport à six heures du matin, qui n'avait pas cessé de téléphoner à voix basse.

Une heure plus tard, deux hommes se sont présentés à la station. Lunettes noires, chemises impeccables, sourire trop large. Ils cherchaient, disaient-ils, « un sac oublié par notre patron dans un taxi jaune ». Ils ont décrit la voiture, mais pas le sac. Ousmane, qui avait appris à se des sourires trop larges, a secoué la tête : il n'avait rien trouvé, il venait de commencer sa journée. Les deux hommes ont fait le tour du taxi en prenant leur temps, puis ils sont repartis. Il a attendu qu'ils aient disparu au coin de la rue pour

À l'hôpital Fann, personne ne connaissait de Mariama. Ou plutôt, on en connaissait sept. Ousmane a fait le tour des services, la serrée sous le bras, en surveillant les couloirs comme un personnage de film. C'est finalement en cardiologie qu'il a reconnu le costume trop grand. Le jeune homme, assis par terre contre un mur, avait le visage dans les mains.

Il s'appelait Malick. L'argent avait été réuni, euro par euro, par les gens de son village installés à Montreuil et à Mantes-la-Jolie : des ouvriers, des cuisiniers, des agents qui chaque mois depuis deux ans pour que sa petite sœur puisse être opérée du cœur. À l'aéroport, Malick avait changé un peu d'argent auprès de deux hommes très aimables qui lui avaient proposé de le raccompagner. Il avait refusé, il avait pris un taxi et, dans sa panique, il avait oublié la

Quand Ousmane la lui a posée sur les genoux, Malick a en larmes. Il a voulu lui donner une puis deux. Ousmane a refusé. « Garde ça pour la petite. Moi, j'ai mon taxi. » Avant de partir, il a tout de même passé un coup de fil à un cousin, commissaire de police au Plateau, pour lui décrire deux hommes en lunettes noires qui un peu trop souvent à l'aéroport.

L'opération a eu lieu trois semaines plus tard et elle a réussi. Depuis, Ousmane a une passagère régulière : une fillette de neuf ans qui exige de s'asseoir devant et qui l'appelle «  ». Le jour où elle est sortie de l'hôpital, Malick lui a offert un autocollant qu'il a collé sur le de bord. On y lit, en lettres dorées : « Ce taxi ne rend pas toujours la mais il rend les sacs. »

Comprehension check

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1. What was in the leather bag?

2. Why didn't Ousmane trust the two men?

3. Where did the money come from?

4. What did Ousmane do about the two men?