Short story
Le portrait d'Ixelles
A young man in Brussels inherits a worthless painting from his great-aunt, until a stranger offers him a fortune for it.
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Words to know (12)
- nonante · ninety (Belgium, Switzerland)
- par acquit de conscience · just to be sure, for peace of mind
- estimer · to value, to appraise
- illisible · illegible
- la valeur marchande · market value
- comptant · (in) cash
- la loupe · magnifying glass
- la bourse · scholarship, grant
- en vouloir à quelqu'un · to hold it against someone
- reprendre · to take back, to pick up again
- céder · to give in
- le genièvre · genever, juniper gin
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Quand sa grand-tante Berthe est morte, à ans, Thomas Lambotte a hérité de trois choses : un service à café en porcelaine, une collection de cartes postales de la côte belge et un tableau. Le tableau représentait une jeune femme aux cheveux courts, assise près d'une fenêtre, un livre fermé sur les genoux. Il était accroché depuis toujours dans le salon de l'appartement d'Ixelles, et Thomas, enfant, le trouvait un peu triste.
Par de conscience, il l'a fait par un expert du Sablon. Le verdict est tombé en deux minutes : un peintre inconnu, une signature une toile correcte mais sans valeur « Comptez cent euros, peut-être cent cinquante si vous trouvez un amateur. » Thomas a rapporté le tableau chez lui et l'a posé contre un mur, en attendant de savoir quoi en faire.
Trois jours plus tard, on a sonné à sa porte. Un vieil homme très droit, en manteau de laine, s'est présenté : Arthur Wauters, collectionneur. Il avait appris par l'expert qu'un certain tableau était peut-être à vendre. Il en proposait huit mille euros. Tout de suite. Thomas l'a remercié poliment, a promis de réfléchir et, dès que la porte s'est refermée, s'est précipité sur son ordinateur.
Pendant une semaine, il a joué au détective. Il a examiné la toile à la cherché un double fond derrière le cadre, comparé la signature avec celles de tous les peintres belges des années cinquante. Il s'est imaginé un chef-d'œuvre caché sous la peinture, un trésor volé pendant la guerre, un réseau de trafiquants. Son amie Sofia, qui le regardait faire, a fini par lui dire : « Tu sais que tu pourrais simplement lui demander pourquoi ? »
Arthur Wauters l'a reçu dans un appartement rempli de livres, à deux rues de chez Berthe. Il a écouté la question de Thomas, il a souri, et il a sorti d'un tiroir une photo en noir et blanc : une jeune femme aux cheveux courts, assise près d'une fenêtre. « Je n'ai jamais été collectionneur, a-t-il avoué. J'étais peintre. Très mauvais peintre, d'ailleurs. Ce tableau, je l'ai fait en 1956. »
Il avait vingt-trois ans, Berthe vingt-deux. Ils s'étaient aimés tout un été. Puis il avait obtenu une pour étudier à Rome, il lui avait demandé de venir avec lui, et elle avait refusé : elle ne pas laisser sa mère malade. Il était parti quand même. Quand il était revenu, trois ans plus tard, elle ne lui avait jamais rouvert sa porte. « Elle a gardé le tableau pendant soixante-dix ans, a-t-il murmuré. Ça veut dire qu'elle ne m'en pas tout à fait, non ? »
Thomas est rentré chez lui, a le tableau, toujours posé contre le mur, et l'a rapporté le soir même chez Arthur. Il a refusé les huit mille euros. Le vieil homme a insisté, s'est fâché, puis a fini par en lui servant un verre de
Arthur est mort l'hiver suivant. Quelques semaines après l'enterrement, Thomas a reçu un colis envoyé par un notaire. À l'intérieur, il y avait une petite toile, signée de la même écriture : une fenêtre ouverte, une chaise vide, et sur la chaise, un livre fermé. Au dos, Arthur avait écrit : « Pour qu'ils soient enfin accrochés ensemble. »
Comprehension check
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1. What did the expert say about the painting?
2. How did Thomas react to the offer of eight thousand euros?
3. Who was Arthur Wauters really?
4. What did Thomas receive after Arthur's death?