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Short story

Cherche appartement désespérément

A young night nurse who cannot find a flat in Paris tries intergenerational housing with a very demanding old man.

Tap a dotted word for its meaning.

Words to know (11)
  • les charges · service charges (on rent)
  • la chemise cartonnée · cardboard folder
  • le bulletin de salaire · payslip
  • l'avis d'imposition · tax notice
  • le garant · guarantor
  • grimacer · to wince, to pull a face
  • la bobine · reel
  • chausser ses lunettes · to put on one's glasses
  • emménager · to move in
  • la manie · odd habit
  • punaiser · to pin (with a drawing pin)

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Le studio faisait dix-huit mètres carrés, donnait sur une cour sombre du onzième arrondissement et coûtait neuf cent cinquante euros par mois, non comprises. Quand Awa est arrivée pour la visite, à dix-huit heures précises, la file d'attente descendait déjà l'escalier et se prolongeait sur le trottoir. Elle a compté trente-sept personnes, presque toutes munies d'une cartonnée contenant le fameux dossier, ce mille-feuille de de salaire, d'avis et d'attestations en tout genre sans lequel on ne peut rien louer à Paris.

Awa avait vingt-sept ans et elle était infirmière de nuit dans un hôpital du nord de Paris. Elle gagnait correctement sa vie, mais pas trois fois le montant du loyer, comme l'exigeaient la plupart des propriétaires. Quant au ses parents vivaient à Dakar, ce qui suffisait à faire les agents immobiliers. Depuis six mois, elle dormait sur le canapé d'une amie à Saint-Denis et passait trois heures par jour dans les transports. Elle commençait à se demander s'il existait dans cette ville un seul propriétaire qui veuille bien d'elle.

C'est une collègue qui lui a parlé du logement intergénérationnel. Le principe était simple : une association mettait en relation des personnes âgées vivant seules dans de grands appartements et des jeunes qui cherchaient à se loger. En échange d'un loyer modeste, le jeune s'engageait à être présent quelques soirs par semaine et à rendre de petits services. Awa a rempli le formulaire sans trop y croire. Une semaine plus tard, l'association l'a appelée : un monsieur de quatre-vingt-quatre ans, dans le dixième, acceptait de la rencontrer.

Monsieur Fabre l'a reçue dans un salon encombré d'affiches de cinéma et de de film. Ancien projectionniste, veuf depuis trois ans, il vivait seul dans un cinq-pièces que sa fille, installée à Bordeaux, voulait lui faire quitter pour une maison de retraite. Il a fait asseoir Awa, a ses lunettes et a sorti un carnet. « Bien, mademoiselle. Moi aussi, j'ai mes exigences. Avez-vous déjà vu un film de Jacques Tati ? »

Awa, qui s'attendait à des questions sur ses revenus, a éclaté de rire. Non, elle n'avait jamais vu de film de Tati. Monsieur Fabre a pris un air grave, a noté quelque chose dans son carnet, puis il lui a demandé si elle ronflait, si elle savait changer une ampoule et si elle supportait le bruit d'un vieux projecteur à minuit. Au bout d'une heure d'interrogatoire, il a refermé son carnet. « Dossier incomplet, a-t-il conclu, mais candidate intéressante. Vous quand ? »

Les premières semaines n'ont pas été simples. Awa rentrait à sept heures du matin au moment où Monsieur Fabre se levait, et il avait la de vouloir lui raconter ses rêves pendant qu'elle cherchait désespérément à dormir. Il laissait traîner des tasses partout et changeait les clés de place tous les jours. Mais il lui laissait aussi des petits mots sur la table de la cuisine, il lui gardait de la soupe au chaud et, le dimanche soir, il projetait un vieux film sur le mur du salon, rien que pour elle.

Au printemps, sa fille est venue de Bordeaux, bien décidée à visiter des maisons de retraite. Elle a trouvé son père rasé de près, l'appartement rangé et le réfrigérateur plein. Elle a aussi trouvé, sur la porte du salon, un programme écrit à la main : « Ciné-club Fabre-Diallo, saison 1 ». Elle a regardé Awa longtemps, puis elle lui a simplement demandé, la voix un peu tremblante, si elle comptait rester encore un an. Awa a souri. Il lui restait encore tous les films de Tati à voir.

Comprehension check

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1. Why was it so hard for Awa to rent a flat?

2. How does intergenerational housing work in the story?

3. What surprised Awa about Monsieur Fabre's interview?

4. What did the daughter find when she came from Bordeaux?