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Short story

L'affaire du chat Moustique

In a village in the Drôme, the mayor tries to settle a bitter dispute between two neighbors who both claim the same cat.

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Words to know (12)
  • trancher · to decide, to settle
  • la fête votive · village patron saint's fête
  • tigré · tabby, striped
  • recueillir · to take in (an animal, a person)
  • à l'appui de ses dires · to back up his claims
  • le muret · low wall
  • le détournement · misappropriation; (here) abduction
  • prodiguer · to lavish
  • s'arrêter net · to stop dead
  • à part soi · privately, to oneself
  • de guerre lasse · worn down, giving up the fight
  • l'administré · citizen (of a municipality)

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Dans la commune de Saint-Aubin-des-Oliviers, quatre cent douze habitants, la mairie n'ouvre que le mardi et le jeudi matin, et le maire, Gilbert Fabre, ancien viticulteur à la moustache fatiguée, avait espéré finir son mandat sans avoir à autre chose que la date de la fête C'était compter sans le chat.

Le chat était gras, d'un tempérament philosophique. Mme Roussel, institutrice retraitée, l'appelait Moustique et affirmait l'avoir il y a six ans, dans un carton, devant la pharmacie. M. Daumas, son voisin, ancien gendarme, l'appelait Colonel et produisait à de ses dires une facture de croquettes vieille de cinq ans. Les deux maisons n'étaient séparées que par un de pierres sèches, que l'animal franchissait matin et soir avec la sérénité d'un diplomate en poste dans deux capitales.

La querelle avait commencé par des mots doux glissés dans les boîtes aux lettres, avait dégénéré en panneaux peints à la main, « Moustique n'est pas à vendre », « Le Colonel rentre à la maison », et avait atteint son apogée le jour où M. Daumas avait accusé Mme Roussel de «  de félin » devant toute la boulangerie. Elle avait répondu qu'en matière de un ancien gendarme était sans doute expert. La boulangère, qui n'avait pas vu une telle animation depuis l'élection de 2008, en avait oublié de rendre la monnaie.

Le maire convoqua les deux parties un jeudi, dans la salle du conseil, sous le portrait du président de la République. Il avait préparé un discours sur la concorde villageoise ; il ne put pas en placer un mot. Mme Roussel énuméra les maladies que Moustique avait eues et les soins qu'elle lui avait M. Daumas répliqua par les vaccins, avec dates. Le chat, apporté dans un panier par chacun à tour de rôle, avait été confié pour l'occasion au secrétaire de mairie, qui le tenait sur ses genoux et semblait en voie de le revendiquer à son tour.

C'est alors que la porte s'ouvrit sur Mme Ben Saïd, la nouvelle épicière, qui venait déposer un formulaire. Elle s'arrêta « Tiens, Pacha ! Qu'est-ce que tu fais là, toi ? » Le chat sauta des genoux du secrétaire et vint se frotter contre ses jambes avec une effusion qu'il n'avait jamais témoignée à personne. Elle expliqua, sans malice, qu'il venait dîner chez elle tous les soirs vers vingt heures, après sa tournée, et qu'elle lui gardait les fins de jambon.

Il y eut un silence. M. Daumas fit remarquer que le Colonel dînait chez lui à dix-neuf heures. Mme Roussel précisa que Moustique dînait chez elle à dix-huit heures. On compta. Le chat faisait au moins trois repas chaque soir, sans compter ce qu'il obtenait sans doute ailleurs, et chacun, à part se demanda combien de noms il portait dans le village.

Le maire eut alors l'idée qui le ferait réélire. Il proposa d'emmener l'animal chez le vétérinaire de Nyons pour lire sa puce électronique, et de s'en remettre à la loi. Tout le monde accepta, chacun certain de son bon droit. La semaine suivante, le vétérinaire appela la mairie. La puce existait bien. Elle avait été posée huit ans plus tôt, à Lyon, et le chat s'appelait en réalité Gaston. Son propriétaire officiel était un certain Gilbert Fabre, qui l'avait perdu pendant son déménagement au village et avait fini, de guerre par adopter un poisson rouge.

Le maire, très pâle, ne réclama rien. Il décréta qu'un chat qui avait su se faire aimer de trois maisons ne pouvait appartenir à aucune, et que Gaston, Moustique, Colonel ou Pacha serait désormais le « chat de la commune ». On lui fit une petite gamelle sous l'escalier de la mairie. Il ne vient que le mardi et le jeudi matin, aux heures d'ouverture, comme un modèle.

Comprehension check

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1. What evidence does M. Daumas present to support his claim?

2. What does Mme Ben Saïd's arrival reveal?

3. Who is the cat's legal owner, according to the microchip?

4. What is the joke in the final sentence?