Short story
Le coach
An exhausted executive at La Défense hires a life coach, who transforms his life in unexpected ways.
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Words to know (11)
- être au bout du rouleau · to be at the end of one's tether
- bouleverser · to overwhelm, to deeply move
- le galet · pebble
- subir · to endure, to put up with
- saisissant · striking
- se délester · to unburden oneself
- dispenser · to give, to provide (a course)
- pantois · speechless, flabbergasted
- toucher une commission · to earn a commission
- l'estrade · stage, platform
- la tisane · herbal tea
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Benoît Lagarde, quarante-quatre ans, directeur adjoint des achats dans une grande compagnie d'assurances de La Défense, comprit qu'il était au bout du un mardi de novembre, en pleurant devant une machine à café qui lui avait rendu la monnaie. Il n'avait pas pleuré depuis l'enterrement de son grand-père. Le geste de la machine, d'une honnêteté inattendue, l'avait Le soir même, sur le conseil d'un collègue, il prenait rendez-vous avec un coach de vie.
Le coach s'appelait Kevin, il avait trente et un ans, des dents d'une blancheur militante et un cabinet dans le neuvième arrondissement décoré de et de citations encadrées. « Benoît, lui dit-il dès la première séance, tu ne vis pas ta vie. Tu la » Benoît, qui avait payé cent quatre-vingts euros pour entendre cette phrase, la trouva d'une profondeur Il nota aussi qu'on le tutoyait, ce que son propre directeur n'avait jamais osé.
Le programme fut radical. Lever à cinq heures. Douche glacée, pour « sortir de la zone de confort ». Trois pages d'écriture libre au réveil, dix minutes de gratitude avant le petit-déjeuner, suppression du sucre, des réseaux sociaux et des « relations toxiques », catégorie dans laquelle Kevin rangea d'abord sa belle-mère, puis son directeur, puis, après réflexion, sa femme, qui avait eu le tort de rire en le voyant sortir de la douche glacée.
Au bout de trois mois, Benoît avait perdu huit kilos, deux amis et l'essentiel de son sens de l'humour, ce que Kevin appelait « se ». Il parlait désormais un dialecte nouveau, où l'on ne disait plus « problème » mais « opportunité », plus « échec » mais « apprentissage », et où toute objection était « une croyance limitante ». Sa femme, Isabelle, lui fit remarquer un soir qu'il ne répondait plus à ses questions, qu'il les « accueillait ». Il accueillit la remarque.
En mars, Kevin lui révéla l'étape suivante. Benoît n'était pas fait pour les achats ; il était fait pour « transmettre ». Il fallait quitter l'entreprise, suivre une formation certifiante, que Kevin lui-même pour quatre mille euros, et devenir coach à son tour. Benoît démissionna un vendredi, avec un discours sur l'authenticité qui laissa son directeur Il se sentait libre, léger, aligné. Il ne dormait plus que cinq heures par nuit, mais c'étaient, lui avait-on assuré, des heures de qualité.
Son premier client fut un homme de quarante-huit ans, épuisé, qui avait pleuré devant une imprimante. C'était son ancien directeur. Benoît le tutoya dès la première minute et lui annonça qu'il ne vivait pas sa vie, mais qu'il la L'homme, signa pour dix séances. Benoît lui conseilla la douche glacée, la gratitude et, au bout de quelques mois, la formation certifiante de Kevin, pour laquelle il désormais une commission de quinze pour cent.
Un an plus tard, à l'occasion d'un séminaire de « leadership bienveillant » dans un château de Sologne, Benoît fit le compte. Il y avait dans la salle cent vingt coachs, tous anciens clients de quelqu'un, tous coachant quelqu'un d'autre. Il y avait son ancien directeur, son ancien collègue, le collègue de son ancien collègue. Kevin, sur expliquait que l'abondance était une énergie qui circule. Personne, dans la salle, n'avait plus de client qui ne fût pas lui-même coach.
Ce soir-là, Benoît rentra chez lui et trouva Isabelle dans la cuisine, devant une Il lui demanda, pour la première fois depuis longtemps, comment elle allait. Elle répondit qu'elle allait bien, qu'elle avait de l'avance sur lui, et qu'elle avait trouvé, pendant ces deux ans, une méthode très efficace contre le stress : elle n'en parlait à personne. Benoît la regarda longuement. Puis il accueillit sa réponse, et pour une fois, il n'y avait rien d'autre à faire.
Comprehension check
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1. What makes Benoît break down at the start?
2. How does the narrator describe the effects of three months of coaching?
3. What does the seminar in Sologne reveal?
4. What is Isabelle's method against stress?