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Travel writing

Le car rapide

A travel writer in Dakar takes one of the city's famous painted minibuses, gets on the wrong one, and finds out what the young conductor hanging off the back is really for.

Tap a dotted word for its meaning.

Words to know (12)
  • sillonner · to criss-cross
  • héler · to hail (a vehicle, a person)
  • en dire long · to speak volumes
  • le marchepied · step (of a vehicle)
  • la carrosserie · bodywork (of a vehicle)
  • hisser · to hoist, to haul up
  • blasé · unimpressed, jaded
  • le terrain vague · waste ground, vacant lot
  • la soudure · welding
  • s'en mêler · to get involved, to join in
  • parlementer · to negotiate, to parley
  • s'ébranler · to move off, to lurch into motion

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On m'avait prévenue : à Dakar, on ne prend pas le car rapide, on le conquiert. Ces vieux minibus Renault, peints de jaune et de bleu, couverts de proverbes, d'yeux protecteurs et de portraits de marabouts, la ville depuis les années soixante-dix. La municipalité les remplace peu à peu par des bus neufs et climatisés, plus sûrs, plus ponctuels, et infiniment moins poétiques. Je voulais monter dans l'un d'eux avant qu'ils ne disparaissent tout à fait.

Le premier que j'ai au rond-point de la Médina, portait sur son capot l'inscription « Alhamdoulilah » et, à l'arrière, une phrase en wolof dont personne n'a voulu me donner la traduction exacte, ce qui en dit Un jeune homme se tenait accroché à la porte arrière, un pied sur le l'autre dans le vide : l'apprenti. C'est lui qui annonce les destinations en criant, encaisse les pièces, et signale au chauffeur l'arrêt suivant en tapant une pièce de monnaie contre la Deux coups, on s'arrête ; un coup, on repart.

Il s'appelait Moussa, avait dix-neuf ans et une agilité de trapéziste. Il m'a à l'intérieur avant même que le véhicule ne soit à l'arrêt. J'ai atterri sur une banquette de bois, coincée entre une vendeuse de poisson, un étudiant plongé dans un manuel de droit constitutionnel et un mouton, ou plus exactement les deux tiers d'un mouton, le reste dépassant d'un sac de riz. Personne ne semblait trouver la situation inhabituelle, et j'ai fait de mon mieux pour paraître aussi qu'eux.

Le car rapide ne mérite guère son nom. Il s'arrête partout, repart sans prévenir, s'immobilise vingt minutes dans les embouteillages de l'avenue Blaise-Diagne, puis s'élance soudain comme un taureau qu'on vient de lâcher. Les passagers montent, descendent, se serrent, se tendent leurs enfants par-dessus les têtes. On discute du prix de l'oignon, du dernier match des Lions, d'un mariage où il y aurait eu trop de griots et pas assez de riz. Le trajet devient une conversation à vingt voix.

Au bout d'une heure, j'ai fini par m'inquiéter. Les immeubles du Plateau, où j'avais rendez-vous, auraient dû apparaître depuis longtemps. À la place défilaient des vagues, des ateliers de puis, au loin, la mer d'un côté et des cimenteries de l'autre. J'ai demandé à l'étudiant où nous étions. Il a levé les yeux de son manuel, m'a regardée avec une compassion infinie et m'a annoncé que nous arrivions à Rufisque, à vingt-cinq kilomètres de ma destination.

J'avais pris le mauvais car, ou plutôt le bon car dans le mauvais sens. Toute la banquette s'en est La vendeuse de poisson a déclaré que c'était la faute de Moussa, qui aurait dû me demander où j'allais ; Moussa a protesté que j'avais l'air de savoir ce que je faisais, ce qui était flatteur mais faux. L'étudiant a proposé de m'accompagner, le propriétaire du mouton aussi, avec le mouton. On a fini par décider, à la majorité, que Moussa s'occuperait de moi.

À Rufisque, terminus, il a sauté du car, m'a guidée à travers la gare routière jusqu'à un autre véhicule en partance pour Dakar, a avec son collègue, puis m'a installée à la meilleure place, juste derrière le chauffeur. Quand j'ai voulu lui payer mon premier trajet, il a refusé net. « Tu as payé avec ta journée, a-t-il dit en riant. Ça suffit. » Puis il a frappé deux coups sur la et le car s'est

On parle beaucoup, au Sénégal, de la « teranga », cette hospitalité dont le pays a fait sa fierté. J'avais lu le mot dans tous les guides. Je ne savais pas encore qu'il pouvait tenir dans un geste aussi simple : un garçon de dix-neuf ans qui perd une demi-heure de travail pour remettre une inconnue dans le bon sens. Les nouveaux bus sont sans doute plus confortables. Je doute qu'ils aient des Moussa.

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1. Why did the narrator want to ride a car rapide?

2. How does the apprenti tell the driver to stop?

3. What had gone wrong with the narrator's journey?

4. What does Moussa mean by "Tu as payé avec ta journée"?