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History

Paris sous les eaux

During the great Paris flood of January 1910, a young sewer worker rowing through the streets is called to the aid of the landlady who has been threatening to evict him.

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Words to know (12)
  • sans relâche · without respite, relentlessly
  • gorgé · saturated, gorged
  • l'égout · sewer
  • sourdre · to well up, to seep
  • ravitailler · to supply (with food)
  • le pincement au cœur · pang
  • mettre à la porte · to throw out, to evict
  • la malle · trunk
  • éraillé · hoarse, rasping
  • médusé · dumbfounded, astonished
  • le badaud · onlooker, gawper
  • la quittance · receipt (for rent, a bill)

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En janvier 1910, la Seine sortit de son lit, et Paris découvrit qu'elle n'était pas, comme on le croyait, domestiquée. Il avait plu sans pendant des semaines sur le bassin parisien ; les affluents avaient gonflé, les sols d'eau ne buvaient plus rien. Le 21, le fleuve commença à monter d'un mètre par jour. Les Parisiens prirent l'habitude d'aller au pont de l'Alma consulter la statue du zouave, ce soldat de pierre dont les jambes, puis le ventre, puis le torse disparaissaient sous les flots. Le 28, l'eau lui arrivait aux épaules.

Émile Garnier avait vingt-deux ans et travaillait aux Il fut parmi les premiers à comprendre que la Seine ne se contentait pas de déborder par les quais : elle remontait par en dessous, par les canalisations, les caves, les tunnels du métro tout neuf. Des quartiers entiers, loin du fleuve, se trouvèrent inondés sans avoir vu venir la moindre vague. Rue de Lille, rue de Bourgogne, l'eau des bouches comme d'une fontaine maléfique.

On le chargea d'une barque et d'une mission : évacuer les habitants du septième arrondissement qui le souhaitaient, les autres. Il ramait du matin au soir entre les façades haussmanniennes, sous les fenêtres où des bourgeois en robe de chambre lui descendaient des paniers au bout d'une corde. On avait construit partout des passerelles de planches posées sur des tréteaux, où l'on circulait en équilibre précaire, le parapluie dans une main, le chapeau dans l'autre.

Le troisième jour, une domestique l'appela depuis un balcon de la rue de Verneuil. Madame ne voulait pas quitter l'appartement, mais madame avait besoin de lui. Émile reconnut l'adresse avec un au cœur. C'était là qu'habitait Mme Delorme-Vasseur, propriétaire de l'immeuble de la rue Mouffetard où il louait une chambre sous les toits, et qui lui avait fait savoir, la semaine précédente, par l'intermédiaire de son notaire, qu'elle le mettrait à la s'il avait encore un jour de retard dans son loyer.

Il gravit l'escalier de service, trempé jusqu'aux genoux, et trouva la propriétaire au salon, très droite, entourée de qu'elle n'avait pas eu le courage de faire. Elle ne le reconnut pas. Elle n'avait, sans doute, jamais vu ses locataires. Ce qu'elle voulait sauver n'était ni ses bijoux ni ses tableaux, mais une cage dorée où s'agitait un perroquet du Gabon, gris, à queue rouge, qui répétait d'une voix  : « Quelle époque ! Quelle époque ! »

Il s'appelait Bonaparte, avait appartenu au défunt mari de madame, et ne supportait pas l'humidité. Le médecin vétérinaire habitait de l'autre côté de la Seine, sur la rive droite encore épargnée. Émile accepta. Il traversa l'esplanade des Invalides en barque, la cage sur les genoux, sous les regards des tandis que le perroquet saluait chaque passerelle d'un retentissant « Quelle époque ! » qui faisait rire jusqu'aux sauveteurs les plus épuisés.

Le soir, quand il rapporta Bonaparte rétabli, enveloppé d'une couverture de laine, Mme Delorme-Vasseur voulut lui donner une pièce d'or. Émile la refusa. Il demanda simplement qu'on veuille bien considérer que le locataire de la rue Mouffetard, celui du sixième sur cour, avait peut-être quelques jours de retard pour une bonne raison. Elle le regarda longuement, comprit, et rougit, ce qui, selon la domestique, ne lui était pas arrivé depuis l'Exposition universelle.

Les eaux commencèrent à baisser le lendemain. Il fallut des semaines pour vider les caves, des mois pour sécher les murs, des années pour oublier l'odeur. Émile ne reçut jamais d'autre lettre du notaire. Mais au printemps, un paquet arriva rue Mouffetard, sans mot d'accompagnement : une de loyer acquittée pour toute l'année 1910. Bonaparte, paraît-il, vécut encore vingt ans. Il avait ajouté à son répertoire un mot nouveau, qu'il criait chaque fois qu'il pleuvait : « Zouave ! »

Comprehension check

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1. How did the Parisians follow the rise of the river?

2. Why were neighbourhoods far from the river also flooded?

3. What did Mme Delorme-Vasseur want Émile to save?

4. What did Émile ask for instead of the gold coin?