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Short story

La Prête-plume

In a series of emails, a Montreal ghostwriter drafts the memoirs of a former hockey star, who finds his own childhood more beautiful on the page than it ever was.

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Words to know (11)
  • le char · car (Quebec)
  • à matin · this morning (Quebec)
  • brailler · to bawl, cry (informal)
  • tabarnouche · darn (mild Quebec oath)
  • à jeun · sober; on an empty stomach
  • frette · cold (Quebec, for froid)
  • étoffer · to flesh out
  • l'aluminerie · aluminium smelter
  • le quart · shift (at work)
  • la camionnette · pickup truck, van
  • le chandail · sweater, hockey jersey

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De : Geneviève Lacasse. À : Marc-André Bélanger. Objet : chapitre 1, première version. Bonjour Marc-André, vous trouverez ci-joint le premier chapitre de vos mémoires. J'ai suivi nos entretiens, en me permettant quelques libertés de construction. Vous verrez que j'ouvre sur la patinoire de votre enfance, à Chicoutimi, par un de février à moins trente : un petit garçon patine seul sous les étoiles, avant l'école, et jure au ciel qu'il jouera un jour au Forum de Montréal. Dites-moi si le ton vous convient. G. L.

De : Marc-André. Objet : RE : chapitre 1. Geneviève, j'ai lu ça dans le à pis j'ai comme un veau au feu rouge. C'est beau en Juste une affaire : j'ai jamais patiné tout seul sous les étoiles. On avait pas de patinoire, on avait le stationnement de l'église, que mon oncle arrosait les soirs où il était à c'est-à-dire pas souvent. Pis je jurais pas grand-chose au ciel, j'avais trop Mais laisse-le comme ça. C'est mieux comme ça. M.-A.

De : Geneviève. Objet : chapitres 2 à 4. Marc-André, voici la suite. Je me suis permis la figure de votre père. Vous m'aviez dit qu'il travaillait de nuit à d'Arvida ; j'en ai fait un homme taciturne qui, après ses vous conduisait à tous vos matchs dans sa vieille sans dire un mot, et qui vous attendait dans le froid jusqu'à la dernière sirène. J'ai aussi ajouté une scène où votre mère coud votre premier numéro sur un chandail trop grand, la veille de votre premier tournoi. Les lecteurs ont besoin d'un père et d'une mère. Le livre aussi. G.

De : Marc-André. Objet : RE : chapitres 2 à 4. Mon père est venu à une seule game. Une. Je les ai comptées. Mais c'est correct, garde la Je l'ai racontée hier à l'émission, l'histoire de la pis l'animateur avait les yeux pleins d'eau. Le monde aime ça. Ma blonde dit que je me suis mis à parler comme un livre. Moi aussi, j'aime ça, je pense. M.-A.

De : Marc-André. Objet : (aucun objet). Envoyé à 3 h 12. Geneviève, ma mère m'a appelé. Elle a entendu l'émission. Elle m'a demandé de quelle je parlais, pis de quelle patinoire, pis où étaient les étoiles. Elle était pas fâchée. Elle avait l'air inquiète, comme si j'avais perdu la mémoire. Je lui ai pas répondu. Je vais te dire la vraie affaire, celle que je t'ai pas dite aux entretiens. Mon père est venu à une game, en 1989, à Jonquière. J'avais douze ans. J'ai manqué un tir de pénalité en troisième période, on a perdu. Dans le au retour, il a rien dit pendant vingt minutes, pis à la hauteur du pont, il a dit : « T'as essayé. C'est correct. » C'est tout. Il est mort l'hiver d'après. C'est ça que je veux dans le livre. Pas les étoiles.

De : Geneviève. Objet : nouvelle version. Marc-André, j'ai tout réécrit. Il n'y a plus d'étoiles. Il y a un stationnement d'église, un oncle à un soir sur trois, une mère qui recoud des un tir de pénalité raté à Jonquière et un homme qui ne parle pas pendant vingt minutes avant de trouver les deux phrases les plus justes de votre vie. C'est moins beau. C'est meilleur. Je propose un titre : C'est correct. Et je vous dois une confession : il m'a fallu onze ans de métier pour comprendre qu'on n'embellit pas une vie, on la trahit poliment. G.

De : Marc-André. Objet : RE : nouvelle version. Le titre est parfait. Ma mère a lu le premier chapitre ; elle a dit que c'était bien moi. Une dernière affaire, pis je te lâche : je veux ton nom sur la couverture, à côté du mien. Pas en petit, pas à l'intérieur. Tu m'as pas prêté ta plume. Tu m'as redonné la mienne, pis ça, ça se signe à deux. Pis dis à ton éditeur que c'est pas négociable. M.-A.

Comprehension check

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1. How does Geneviève's first chapter open?

2. What was the real rink of his childhood?

3. Why does Marc-André's mother call him?

4. What does Marc-André ask for in his last email?